Richard Quinn, Fleur, Latex et haute couture !

Richard Quinn, Fleur, Latex et haute couture !

Erotisme et fétichisme ont toujours fait des incursions dans le monde de la mode, y apportant une note subversive ou au contraire, jouant de leur hédonisme opportun. Même si sorti de leur contexte, les univers alternatifs ont toujours un imaginaire fort, et une charge émotionnelle qui fait autant appel à la transgression qu’aux fantasmes. Les codes y sont souvent retravaillés avec une subtilité assumée, utilisant les meilleurs matériaux pour en faire des accessoires hors du commun.

Bien sûr nous pouvons crier à l’appropriation, mais ces univers n’ont-ils pas si souvent été liés qu’il est parfois impossible encore de les différencier. Mode et alternatif sont fait pour coexister et peut-être, au-delà des aprioris, se nourrissent-ils l’un de l’autre. Dans cette étrange ambivalence se développent de nouvelles esthétiques, cette recherche inlassable de cette fusion offre de nouvelles perspectives. L’évolution se nourrit toujours d’échange.

Cette année, le latex marque son retour dans l’univers de la mode. De Balmain à Yves Saint Laurent, les grandes maisons usent de cette matière si sensuelle pour apporter puissance et érotisme à leurs tenues. Sous couvert d’un élan eco-friendly, on profite de son allure sensuelle pour dévergonder les silhouettes trop sages. Les créateurs redeviennent-ils enfin ces éternels perturbateurs que l’on appréciait tant.

Pour la collection de cet automne-hiver 2021, Richard Quinn aura certainement été le plus bel exemple. Le créateur londonien s’est en effet offert, en l’absence de défilé durant ces périodes de confinement, une vidéo de présentation s’immergeant totalement dans un univers Fetish. Ce n’est pas la première fois qu’il fleurte avec le latex, bien au contraire son œuvre s’en imprègne, mais sa vidéo marque un pas supplémentaire dans son incursion.

Dans un univers à mi-chemin entre le floral et le fétichisme, les mannequins, Lila Moss et Lily Cole y incarnent des pin-up S&M haute couture aux côtés des stars de Drag Race Tayce et Bimini, particulièrement à l’aise parmi les danseurs, les chorales et les animaux de compagnie vêtus de cuir. « Je voulais lui donner vie d’une manière qui ne ressemble pas à un pastiche ou à une simple imitation d’un film » explique Richard. « De la profondeur de la couleur au réglage fin de chaque détail, c’est un travail vraiment accompli. »

Nous ne pouvons lui donner tort, son travail est tout simplement d’une beauté à couper le souffle. A milles lieux des habituelles univers sombres, il nous offre, sans en dénaturer l’essence, une vision beaucoup plus onirique, presque poétique de l’univers du latex.

 Si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’admirer sa vidéo,

https://www.richardquinn.com/

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